La ruée vers l’heure-2015

Édité dans l’anthologie « Dis-moi dix mots que tu accueilles » aux éditions Universlam

C’est la ruée vers l’heure en ces temps modernes

Où les multiples soldes font rythmer les saisons

Les publicitaires savent cibler et colporter leurs balivernes

Enfermant plus encore le consommateur entre ses cloisons

À l’entrepôt les ouvriers s’affairent, c’est la valse des pantins

La cadence des machines infernales, métronome morbide

Et un, deux, trois, l’esclavage international des chérubins

Pour les fêtes offrir des objets kitch à notre tendre « Kid »

C’est la ruée vers l’heure en ces temps modernes

Où le matériel n’a pas apaisé les inquiétudes

Où les spiritueux ont condamné la spirituelle poterne

Où l’amour n’est plus synonyme de zénitude

C’est guerres et conflits à la kermesse des sentiments

Où les messages d’Hermès atterrissent dans les spams

À quoi bon être sensé ? La censure prône l’abêtissement

Se réjouissant chaque jour du moindre psychodrame

C’est la ruée vers l’heure en ces temps modernes

Il n’y a plus le temps pour la culture de qualité

Certains auraient besoin que l’on éclaire leurs lanternes

Quand les lumières de la ville se sont tamisées

Voilà que l’incertain wiki a remplacé les encyclopédies

Les pseudo-artistes sous les feux de la rampe sont endormis

Dénués de talent leurs comédies deviennent des tragédies

En plus ils quémandent un bravo, un like, un follow-me

C’est la ruée vers l’heure en ces temps modernes

Quand les rois de New York détiennent l’argent

Marginalisant d’autres pays pour remplir leurs citernes

Leurs esprits sont si ternes qu’ils exproprient abusivement

Les fossés se creusent à la vitesse d’un tractopelle

Le vagabond s’abandonne à la sérendipité le vague à l’âme

Ne sachant même plus à qui il doit faire appel

Entre le barbier et le dictateur sans faire d’amalgame

C’est la ruée vers l’heure en ces temps modernisés

Chacun y va de son grigri pour échapper à la morosité

Il fait si froid, même un Inuit aurait du mal à s’adapter

Mais ce triste cirque cessera et donnera des raisons d’espérer 

Romain Boulmé « Suerte »

© Tous Droits Réservés-2015

Publié par romanitosuerte

Autodidacte, poète, auteur, photographe, généalogiste. J'aime l'art, j'aime le beau en général. Le beau n'est pas toujours là où l'on croit. Le beau est partout parfois même il se cache... Je suis fasciné par les génies, les cabossés, les pirates, les écorchés, ceux qui ont des bleus à l'âme avec un cœur empli de flammes !

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